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  • « Payez mes amortisseurs ! » - GERPINNES

    Bras de fer entre un riverain de l’Allée centrale et les autorités communales gerpinnoises.

    Gerpinnes-05.jpgExcédé par l’état des voiries dans son quartier, un riverain de l’Allée centrale à Gerpinnes a décidé d’employer la manière forte. Il demande au bourgmestre de lui payer… ses amortisseurs.

    Il y a quelque temps, Gaston Pesalovo a saisi Me Herman, avocat : «La rue où j’habite et les allées adjacentes, particulièrement celle des Bouleaux, sont dans un tel état que j’ai dû changer trois fois les amortisseurs de ma voiture, qui a 170.000 km au compteur, explique le riverain. Trois fois, c’est tout à fait inhabituel. Comme les voisins et moi supplions sans succès depuis des années qu’on refasse ces routes, j’ai décidé de présenter la facture aux autorités communales. Je me disais que ce serait une manière de les pousser à agir. »

    La réponse du bourgmestre ne s’est pas fait attendre, raconte l’avocat : «Philippe Busine nous a fait savoir que l’allée des Bouleaux est bien un chemin public mais que la commune n’est pas propriétaire de l’assiette. Elle appartient aux riverains. Selon lui, ce sont eux les gestionnaires. »

    Il faut préciser que le cas de ce quartier résidentiel et verdoyant à deux pas du Bultia est quelque peu particulier. À l’origine, il était totalement privé, y compris les chemins d’accès : «Cependant, précise Gaston Pesalovo, nous avons signé il y a déjà un certain temps un document selon lequel nous cédons à la commune une bande de terrain de six mètres, sur toute la largeur des propriétés. De cette manière, elle peut procéder à la pose de l’égouttage et à la réfection des routes. » Sauf que, comme Soeur Anne, les riverains ne voient toujours rien venir…

    «Mais que Gerpinnes soit propriétaire ou pas importe peu dans le cas qui nous occupe, ajoute Me Herman. En effet, un article de la nouvelle loi communale stipule que les autorités ont l’obligation d’ouvrir à la circulation des voiries suffisamment sûres. À en juger par les documents en ma possession, ce n’est pas le cas. L’allée des Bouleaux, pour ne citer que celle-là, ressemble à un champ de mines. Donc, le bourgmestre se trompe quand il me répond qu’il n’a pas à prendre en charge les frais d’amortisseurs de M. Pesalovo. Si celui-ci a subi des dégâts sur une voirie insuffisamment sûre, il est en droit de demander un dédommagement. » L’avocat a donc réécrit à Philippe Busine pour lui exposer ses arguments : «Si rien ne bouge, j’envisage d’en référer au ministre de tutelle Carlo Di Antonio. Et s’il le faut, j’assignerai la commune pour obtenir le remboursement.»

    Évidemment, sur le fond, cela ne résoudra pas le problème : les voiries seront toujours à refaire. Et le bourgmestre, lui, se défend : «Nous intervenons quand même, nous rebouchons régulièrement les trous. » Il explique aussi pourquoi la commune n’en fait pas davantage : «M. Pesalovo et une grande partie des riverains ont effectivement signé une promesse de cession mais trois ou quatre autres ne l’ont toujours pas fait, malgré nos rappels. Or je pense que c’était prévu dans les contrats à l’époque où ils ont acheté leur terrain. Nous espérons que la situation évoluera rapidement. Tant que nous ne sommes pas pleinement propriétaires, la Société publique de Gestion de l’Eau et Igretec n’entameront pas les travaux d’égouttage et par conséquent, on ne pourra pas non plus procéder à la réfection des routes. Ou alors, nous devrions intervenir sur fonds propres et nous passer de subventions – 100% rien que pour les égouts. Ce n’est pas envisageable. » On pourrait peut-être entamer une procédure d’expropriation contre les récalcitrants : «Mais cela prendrait beaucoup de temps, peut-être un an et demi. Et nous, nous sommes prêts. Ce chantier est prévu dans notre plan d’investissement 2014 – 2016. F.O.

    Une information de La Nouvelle Gazette de Charleroi de ce mardi 27 novembre 2013.

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